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Megalopolis, projet d'album "Webcomics" collectif
Mauvaise nouvelle : malgré ce que je pensais, un service de partage de royalties n'est pas encore envisagé par TheBookEdition. J'ai tout de même attiré l'attention de notre partenaire sur l'intérêt que cela peut représenter, afin de réaliser des livres plus épais et donc plus attractifs. Wait & see…
Concernant le choix d'une licence, je ne vois pas en quoi une licence Creative Commons serait moins compatible avec une édition papier qu'avec une édition web. Hormis quelques professionnels réputés, bien peu d'artistes peuvent espérer vendre une oeuvre sur la seule base de leur renom. Je considère pour ma part l'auto-édition papier comme un complément naturel de l'auto-édition libre et gratuite sur le web : exactement comme un disque est un objet que l'on achète volontiers en sortant d'un concert lors duquel on vient de découvrir un nouvel artiste. Si l'objet-souvenir renferme de l'exclusif, de l'inédit, en plus du connu, on en sera d'autant plus motivé à l'acquérir. Mais un objet 100% inédit qu'on ne peut feuilleter nulle part n'a aucune chance de se vendre.
Faut-il écarter la licence Creative Commons pour les contenus “bonus” d'un livre ? Je ne pense pas. Lorsque quelqu'un ressent le besoin de partager ses découvertes, il ne s'embarrasse pas de ces questions… Je préfère considérer de tels lecteurs comme des prescripteurs qui élargissent le public de l'auteur, que comme des pirates qui risque de miner son potentiel commercial.
- JiF
- 25 fév 2008
51 commentaires
Dernièrement, un partenariat s'est créé entre Webcomics et TheBookEdition
Je propose à 5 auteurs de Webcomics.fr de me rejoindre pour créer un album. Chacun devra réaliser une histoire de 6 à 7 planches inédites en couleur, dont le thème est “Megalopolis”. C'est assez ouvert pour se permettre tout ce qu'on veut tout en offrant un fil conducteur. Cela donne l'opportunité de faire de la SF, du social, du polar, ou que sais-je encore. Evidemment, interdiction d'utiliser des trucs dont vous n'auriez pas les droits.
Le but: sortir un album couleur de 40 pages, format Comics Book, vendu 14 euros environ via TheBookEdition . Chaque auteur percevra 0,50 Euros par exemplaires vendus. N'espérez donc pas devenir riches comme cresus: le but est de mettre nos efforts en commun pour toucher le plus de gens possible tout en réalisant un contenu attrayant. De fait, on essaiera d'offrir une certaine qualité: même s'il ne s'agit pas d'un album “pro”, ce n'est pas non plus du fanzinat.
Ces planches ne devront être lisibles que sur l'album. Le site Webcomics servira à la promotion ainsi qu'à la mise en ligne de croquis, de goodies, etc…
Je pense que l'auto-édition n'a pas beaucoup de sens si on agit seul dans son coin. Je propose de tenter de mettre à profit le meilleur de Webcomics.fr (l'aspect communautaire et la “vitrine”) et de TheBookEdition (la publication traditionnelle facilitée) pour sortir quelque chose de chouette.
Si vous êtes interessés, dites-le ici.
23 fév 2008
Concernant le format, ce sera donc du 18 de haut sur 12 de large (on travaille en format à la française, ou “portrait”). Pensez à avoir des fichiers en 300 dpi au final. Voire en CMJN si possible.
23 fév 2008
Bonjour,
Merci pour ton invitation à ce projet que je ne peux que soutenir : c'est chouette de lancer des initiatives de ce type ! Je ne pourrais malheureusement pas y participer : j'ai plus de projet que de temps pour les réaliser en ce moment et j'ai fais le choix cette année de consacrer mon peu de temps disponible au développement de mes blogs. Je fais le pari (risqué) que les blogs ont encore de l'avenir et qu'il y a des places à prendre en tant que dessinateur sur internet et qu'il sera peut-être un jour possible d'en vivre.
Deux petites remarques néanmoins : pourquoi dis-tu que l'auto-édition n'a pas de sens quand on agit seul ? La grande majorité des BD que j'achète ne sont pas des collectifs mais le travail d'un type tout seul. Je ne pense pas que le fait d'auto-éditer change grand chose. Et si je regarde les blogs que je consulte, il n'y a que deux collectifs sur une trentaine d'adresse.
Ma deuxième remarque concerne le choix d'un thème. Ce n'est pas une critique car je comprends bien qu'il est plus facile de fédérer des auteurs autour d'une idée que de les laisser choisir librement leur sujet, mais personnellement, en tant qu'auteur (et aussi de lecteur) je déteste les thèmes imposés. En tant qu'auteur, j'ai plein de projets dans mes valises que je passe du temps à élaborer, je ne peux jamais les publier dans les fanzines parce qu'il y a toujours ces thèmes imposés qui me coupe les ailes. Les quelques fois où j'ai accepté de participer, je me suis retrouver à plancher devant ma feuille blanche comme pendant mes études (ce dont je ne suis pas du tout nostalgique) et j'ai produit des BD sans intérêt.
En tant que lecteur, pour citer des exemples connus, je trouve les revues Lapins de l'assoc ou bile noire d'Atrabile tout à fait intéressantes et les Fluide Glacial cachent parfois des auteurs fabuleux sans imposer de thème. Par contre, les Guides de Fluide Glacial sont souvent parfaitement insipides même si ça vend plus.
24 fév 2008
Merci pour cette réponse, faite un Dimanche matin, juste avant la messe, c'est très brave !
A propos de mon point de vue sur l'auto-édition façon TheBookEdition (j'aurais dû préciser qu'il s'agissait précisement de ce service), je ne vois pas vraiment l'intérêt en soi à l'heure du web, justement. Pécunièrement, les sommes touchées sont obsoletes. Je ne vois pas non plus d'aboutissement dans le fait qu'il y ait impression de l'œuvre: à part la satisfaction de l'ego et le numéro acheté par les proches… Reste la possibilité de mettre facilement à disposition un contenu sur papier (pas de frais de la part de l'auteur, la distribution n'est pas gérée par lui non plus, etc). Personnellement, je trouve que l'alliance Webcomics-TheBookEdition n'a d'intérêt que dans la collaboration des auteurs pour utiliser un maximum de ces deux services et dépasser l'impression pour l'impression. C'est mon humble avis.
L'auto-édition, dans le sens large, par contre c'est une autre histoire. Les blogs bédés en sont un exemple notables. Je ne vois d'ailleurs pas pourquoi ils n'auraient pas d'avenir.
Pour le thème, c'est histoire de définir un cadre, de ne pas laisser trop de flou. Mais le plus important c'est l'envie de tenter l'expérience: si au final les histoires n'ont aucun rapport avec le thème, on ne va pas pleurer. On appelera ça “Webcomics Anthologie” et voilà. Honnêtement, le fait d'avoir un thème ou non n'est pas un gros enjeu. Il va être de toute façon très délicat de réunir 6 personnes, même sur un projet aussi bateau, je le sais.
24 fév 2008
J'ajoute qu'on pourra mettre dans cet ouvrage une page qui envoie aux projets webcomics et aux sites de chacun, ainsi que les contacts des auteurs.
24 fév 2008
Salut Fred, merci de ta proposition! écoute, je suis partant au premier abord, reste à voir comment ça évolue. donc à priori, je veux bien tenter l'expérience. :-)
24 fév 2008
Frédéric Chauvreau est aussi de la partie.
Vue qu'Hervé est moyennement botté par le theme, on va faire theme libre.
Nous voici donc déjà 3.
24 fév 2008
je suis également partant, thème libre c est super mais ça serait quand même cool qu' on ai un titre commun qui relie nos histoire entre elle, qui donne un ton, une ambiance.
24 fév 2008
Ce projet est très intéressant, et suis motivé pour participer.J'aimerais en savoir plus sur les conditions de réalisation: qui paye ? pour quel tirage ? comment distribuer et restituer l'argent des ventes à qui de droit? etc.
24 fév 2008
Ma foi, je suis partant! Je traiterait ça dans le style plus réaliste que j'ai utilisé pour mes pages de pub (à voir dans le webco associé, bientôt si tout va bien!)
24 fév 2008
fredchauvreau> les détails sont là : http://www.thebookedition.com/
En gros on ne paye rien et c'est de l'impression sur demande.
24 fév 2008
Nous voici donc a priori 5, il ne manque plus qu'un pour faire le compte.
Dward-e: je crains que cela ne soit un peu compliqué pour le moment malheureusement. La décision commune de prendre un titre qui relierait les histoires ou non, et de savoir lequel le cas échéant, risque de prendre plus de temps que la réalisation des planches elles-mêmes. Nous sommes très très français en somme… ;)
En soi ce n'est pas bien grave: ce petit album montrera différentes facettes de Webcomics et d'auteurs bd “issus” du web en générale: nous avons la chance d'être très diversifiés, c'est personnellement ce que j'espérais. Notre point commun, ce qui reliera finalement nos histoires courtes, c'est qu'elles ont été décidées via le web, sans direction éditoriale classique, et avec des moyens de promotions et de diffusions différents.
Pour le titre de l'album, par contre, c'est à décider. “Webcomics Anthologie” est un peu lourdingue. On peut choisir un truc plus générique: “W.E.B.” (pour Webcomics-Extra-Book) par exemple. Ou un titre plus concept de la mort: "Marqués Non Lus“, ”Ici votre titre". Ou autre chose. Vos avis, vos idées ?
Concernant la répartition des royalties:
• l'équipe Webcomics doit nous donner la confirmation qu'il est possible pour TheBookEdition de répartir les royalties à plusieurs auteurs pour un même ouvrage
• il faut avoir la confirmation que les auteurs qui ne sont pas français puissent aussi toucher ces royalties.
Je rappelle encore une fois qu'il ne faut pas espérer gagner grand chose dans cette histoire. 50 centimes d'euros de royalties sur un album vendu à l'unité sur le web à un prix peu attractif (le but est de limiter le prix de vente à 14 euros malgrè tout), il va falloir pas mal d'effort de communication, de foi et de foie pour en tirer un tout petit bénéfice pécunier. Ce n'est pas le but, clairement.
A noter que TheBookEdition propose aussi l'achat de format PDF des ouvrages, à un prix moindre que la version papier.
25 fév 2008
Ok, on commence quand ? On se donne quel délai ?
25 fév 2008
Je propose d'attendre les deux confirmations demandées (possibilité de royalties pour plusieurs auteurs pour un même ouvrage et possibilité de paiement pour non-français) ainsi que le 6e et dernier auteur. Puis nous annonceront chacun le nombre de planches que nous souhaitons faire pour arriver en tout au compte de 39 (la page 40 sera la page des contacts).
25 fév 2008
J'ai une page prête au format 12×18 pour la licence CC, si vous en avez l'usage. Ici: http://drfolaweb.free.fr/extras/LicenseCC.jpg (500Ko).
(Zutre, c'est “licence”, re-zutre, c'est pour la Belgique, mais j'ai le PSD…)
De même, si vous en créez une vous-même, elle pourra resservir: on les mettra à disposition.
25 fév 2008
Pour le coups, je ne suis pas trop chaud d'utiliser une licence de ce type concernant ce projet précisement. L'un des intérêts est de ne trouver, dans un premier temps, le contenu uniquement sous l'édition proposée via TheBookEdition. Si laisse le champs pour que ça soit partout et gratuit… bin autant ne pas se casser la tête et mettre ça sur Webcomics directement… A mon humble avis…
En tout cas, la relation entre Webcomics et TheBookEdition est à définir, on le sent bien: mettre en place un livre dans un systeme de vente, même si c'est pour des clopinettes, implique de définir pourquoi on le fait. Personnellement, je crois que c'est interessant en terme de publication d'inédits (qui seraient la “continuité” de travaux visibles ailleurs), en terme promotionnel et un tout petit peu en terme de possibilité de rémunération dans l'édition en ligne. L'impression papier d'un ouvrage n'est pas une fin, comme semble l'entendre le site TBE en première page, juste un moyen. Je ne vois pas ce qui est motivant en soi de savoir qu'une bd sortira sur papier à l'unité (et vendu 10 exemplaires à tout cassé), sauf si cela entre dans un projet jouant sur plusieurs tableaux (le meilleur de Webcomics associé au meilleurs de TheBookEdition) histoire de réellement créer un truc en relation avec ces deux nouveaux types de services.
25 fév 2008
Ha ben voilà, je cherchais mes mots, mais ils étaient déjà là :-)
“L'objet-souvenir”: c'est exactement ce qui se passe avec l'émergence du numérique: l'objet n'est plus que le support. On ne vend pas le contenu, on vend un support. Le contenu, lui, circule librement et se découvre/s'apprécie (se consomme aussi) sur les médias numériques, qu'on le veuille ou non. Le prix qu'on paye chez TBE, c'est le prix d'une impression sur un format relié (en plus du transport du dit format). Sauf dans le cas du pdf, évidemment, où on paye pour un fichier haute-def.
Vouloir vendre un livre au contenu exclusif, c'est un peu l'ancien modèle économique: acheter un chat dans un sac (le plus souvent). D'un autre côté, l'édition à la demande permet certes de ne rien perdre puisqu'il n'y a pas d'impression perdue ni de stock à écouler, mais pas forcément de vendre (est-ce le but ?).
Par contre, s'il faut vendre un contenu déjà connu, je pense qu'il faut mettre le paquet sur l'emballage (puisque c'est en réalité ce qu'on vend). Regrouper plusieurs auteurs, mettre du contenu bonus, imprimer sur du beau papier, faire un bel objet… ce sont des moyens de valoriser la version livre, qui ne sont pas incompatibles avec une diffusion numérique.
…évidemment, tout contenu supplémentaire signifie des pages en plus, donc un coût en plus.
26 fév 2008
Arg, pas de service de partage des royalties donc on gele le projet pour l'heure jusqu'à ce que ça bouge côté TBE à ce niveau…
Concernant la gratuité du contenu, l'ancien modèle, etc, je reste très perplexe par vos propos. Ne serait-ce que par rapport à TBE: cet imprimeur en ligne offre en service simple et clair, mais n'oublions pas qu'il est le principal gagnant dans l'histoire (devant l'auteur et assez loin devant le lecteur).
Je veux bien qu'on me dise qu'espérer vendre un contenu inédit soit de l'ancien modèle économique mais, heu… Un service comme TBE fonctionne sur l'ancien modèle économique (prix de vente avec marge bénéficiaire, offre et demande, etc…). L'auteur doit-il être le seul à se plier au “nouveau modèle économique” ? Il est où ce modèle d'ailleurs ? On a toujours un loyer, des factures, des taxes directes ou indirectes à payer, le capitalisme n'a jamais été aussi présent, je n'ai pas vu de changement malgré l'explosion des blogs… Pour l'heure, seul l'auteur (ou le producteur de contenu) doit se saigner aux 4 veines: le “tuyau” ou le service qui transporte les données rapporte plus que les données elles-mêmes.
Désolé d'être un peu dur, mais je trouve qu'il manque un vrai travail de réflexion autour de cela sur Webcomics.fr de la part des auteurs eux-mêmes. Des moyens sont mis à disposition, ils sont superbes, pas de problème, mais comment optimiser non pas les outils mais les ambitions ? Comment tirer les choses vers le haut, sortir de l'esprit fanzinat ?
Le partenariat avec TBE, je trouve, souleve de vrais questions et des réponses, parce qu'on touche deux conceptions de la diffusion a priori antinomiques: quelle relation peut-on créer entre un travail mis en ligne gratuitement et un ouvrage vendu en ligne ? Comment émuler les deux côtés ? Si le but est de vendre un contenu déjà existant dans un joli écrin, pourquoi choisir un service d'impression super limité plutôt qu'un vrai éditeur qui accompagnera le projet jusqu'au bout avec plus de moyens ?
Enfin tout ça pour dire que c'est interessant tout ce qu'il se passe en ce moment. C'est âpre et dur, mais interessant. Nous, les auteurs, sommes en train de nous tirer une balle dans le pied, car au niveau professionnel la gratuité ne pousse pas les clients/lecteurs/éditeurs à mieux rémunérer ou à considérer un travail à sa valeur (la valeur n'est certes pas une affaire de coût mais ce n'est pas une évidence pour la généralité des personnes), mais c'est interessant. :)
26 fév 2008
Non, non, tu as raison d'être dur. C'est pas mal d'avoir deux points de vue. Un peut-être trop idéaliste, l'autre plus réaliste :)
Se tire-t-on vraiment une balle dans le pied ? Les lecteurs ne sont pas forcément nos clients dans l'équation. Le web est le domaine de la gratuité (espace de stockage (mail, site web), bande passante (youtube), disponibilité des fichiers (p2p, warez, cc,…), logiciels et services (google surtout: picassa, google earth,…) etc.). Gratuité pour les lecteurs, mais pas pour des tiers1. “Les lecteurs” est une valeur marchande que nous pouvons sans doute faire valoir auprès d'un tiers qui nous rémunérerait pour cela. Le tout est de trouver qui, quoi, comment, combien.
Par ailleurs, il n'est pas dit que les auteurs qui s'auto-publient ici auraient été publié ailleurs. Le temps qu'on passe sur les planches n'est pas forcément perdu.
On est au tout début d'une grande histoire :-)
La question de TBE est là, et pose plein de questions, et c'est tant mieux ! Chaque point de vue nous permettra d'avancer dans la recherche d'une réponse.
26 fév 2008
C'est une analyse interessante. Mais justement, un service comme TheBookEdition donne une importance forte au lectorat en tant que client. Un réel équivalent par rapport aux nouvelles donnes qui se profilent sur le web serait d'intégrer de la pub par des annonceurs dans les ouvrages pour les coûts de fabrication (et ainsi permettre aux auteurs de contenu d'augmenter un peu plus leurs royalties).
Or ce n'est pas le cas, et je doute que ce le soit avant un certain temps (les tirages sont tout de même de l'ordre de l'ultra confidentialité ;) En plus, je doute que les auteurs en herbe qui veulent leur joli livres imprimés acceptent facilement de la pub).
Mais bon, tout cela est forcément long à mettre en place. Je crois savoir qu'il y a une volonté pour Webcomics de tenter un truc viable économiquement à long terme pour tous, est-ce le même but pour TheBookEdition ? Wait and see…
26 fév 2008
Merci de m'avoir invité à participer à ce projet, malheureusement il y a déjà tellement de choses auxquelles je n'ai pas le temps de m'atteler que je vais devoir décliner l'invit.
bonne chance avec ce projet!
26 fév 2008
Personnellement, en lisant l'annonce de TBE, vu le prix de production d'un exemplaire, j'ai tout de suite pensé que ça serait plus rentable pour produire des références utilisables en salon , comme des books, plutôt que comme des œuvres achetées par le publique, parce-qu'effectivement c'est cher pour ce que c'est surtout si le contenu est déjà dispo en ligne gratuitement.
Fred_Boot en fait ton aproche est très différente et interessante mais assez difficile à mettre en place sans un collectif vraiment nombreux de participants ET un minimum productif (je me met pas dans le groue :p ).
C'est vrai que c'est interessant tout ça. En fait je me demande si justement on loupe pas encore un autre modèle qui serait moins évident mais plus naturel pour relier webcomics et livre imprimé.
26 fév 2008
Il y a de multiples manières de rentabiliser la création de contenus en ligne, certains modèles ont déjà fait leurs preuves pour les auteurs anglophones. Nous cherchons bel et bien à permettre aux auteurs francophones d'explorer ces possibilités, et de trouver celles qui sont le mieux adaptées à leur pratique de la BD en ligne.
Mais une chose est sûre à nos yeux : comme l'a dit Dr_Folaweb, on n'achète pas un chat dans un sac… Autrement dit, personne ne paiera pour l'oeuvre d'un artiste méconnu, même si 20% sont offerts en guise d'échantillon promotionnel. 1% du lectorat en moyenne est susceptible de payer pour un contenu1… Or, ce pourcentage est le même que celui qui est susceptible de payer pour des produits dérivés ou du contenu exclusif.
L'équation est donc assez simple : mieux vaut élargir son public en offrant gratuitement l'essentiel de sa production, et rentabiliser son travail en permettant aux lecteurs les plus férus d'accéder à quelques contenus exclusifs ou produits dérivés. C'est dans ce cadre qu'intervient la possibilité d'auto-éditer un livre-souvenir à la demande : ce livre peut s'accompagner d'un ex-libris ou d'une dédicace2, comporter des pages inédites ou des codes d'accès à un espace réservé aux fans…
L'impression à la demande est une option envisageable tant que l'on n'est pas certain de pouvoir s'engager financièrement dans un tirage plus important, et dans la gestion des expéditions des ouvrages3. Dans cette optique, TheBookEdition est un moyen de tester son potentiel. Ce n'est pas un service qui vous rendra riche.
Au delà de ces observations, il y a bien entendu une infinité d'autres sources de rentabilité à explorer… Mais dans tous les cas, le nerf de la guerre est votre lectorat : si vous visez un jour la professionnalisation4, concentrez-vous là dessus. La règle d'or : publier régulièrement un contenu de qualité. Le temps fera le reste, si vous vous montrez suffisamment tenace.
En tous cas, si vous souhaitez nous mettre en contact avec d'autres partenaires susceptibles de développer d'autres modèles économiques avec nous, n'hésitez pas.
PS: les conseils que je vous donne en matière de création de BD sont ceux que nous appliquons à Webcomics.fr : nous travaillons dessus depuis plusieurs années, le site existe depuis 1 an et ce sans rien nous apporter d'autre que “de la sueur et des larmes”. C'est à ce prix que nous espérons constituer un terreau suffisamment fertile pour que s'y épanouissent vos BD… L'arbre des startups et des levées de fonds pharaoniques ne doit pas cacher la forêt : il faut s'investir et travailler dur avant d'arriver à quelque chose. Nous n'avons ni grosse fortune ni multinationale derrière nous.
26 fév 2008
Juste une question à Jif et Folaweb : quel est l'intérêt d'autoriser la modification dans la licence CC ? Je suis en train de me pencher justement sur ces licences pour mon blog, en tant qu'auteur, je n'ai pas trop envie que n'importe quel webmaster modifie mon dessin par exemple en ajoutant son logo (type humour.com) ou en modifiant mes bulles.
Il existe une licence CC qui autorise la diffusion gratuite mais interdit les modifications.
A voir aussi les autorisations “use a cartoon” de ce site dont je pensais m'inspirer : http://www.globecartoon.com/
26 fév 2008
C'est pour ça qu'on propose le choix à la création d'un webcomic :)
Mais rien n'empêche un auteur de mettre par défaut une licence très restrictive, et de lever ponctuellement une interdiction à la demande.
Parmi les modifications qu'autorise une licence by-nc-sa, il y a la traduction notamment.
26 fév 2008
JiF, j'ai décidemment un point de désaccord avec toi (pour le reste je pense être sur la même longueur d'onde), avec tout le respect que je porte à tout ce que tu entreprends.
Se construire “son” lectorat est peut-être une obligation qui sera indissociable de l'édition en ligne, mais arrêtons de dire que cela va tendre vers la qualité voire la rentabilité. Il y a quelque chose qui, de l'idéalisme, tourne à la démagogie dans ces propos. Sincèrement, fais gaffe avec ça.
Avant l'édition en ligne, la nécessité de travailler durement pour des clopinettes avant d'espérer décrocher un contrat existait déjà… Sauf qu'aujourd'hui on instaure un système basé sur ces efforts sans aucune compensation en retour. Et on s'en félicite, et l'on nourrit nous-même ce systême finalement délirant. L'espoir ? Un peu de liberté d'expression ? Et un gentil lectorat pour soi ? “Personne ne paiera pour un artiste méconnu” ? J'imagine si mon éditeur bien aimé (L'Atalante pour ne pas le nommer) s'était dit ça à mon sujet… J'imagine le jour où tous les éditeurs se diront cela. Il y a cependant encore un truc auquel il faut croire au delà du lectorat et du renom: le talent (grand ou petit). il faut se ressaisir deudjeu ! :)
Une partie de ton discours n'est pas réaliste: une bédé avec un minimum de qualité nécessite de bosser dessus au moins 8 heures par jour et d'être accompagné par une structure pour “survivre” (à défaut de vraiment vivre) durant cette période. Cela s'appelle un éditeur, cela s'appelle une politique éditoriale, cela s'appelle un contrat, cela s'appelle aussi parfois une avance sur droit, ça s'appelle au final un versement (assez chiche) d'argent pour avoir un toit, un paquet de pâtes et continuer de produire. Pour finir, avoir un éditeur et un contexte pro pour bosser aide énormément à progresser, plus que les remarques des lecteurs, si si…
De l'autre côté, il faut faire comprendre aux auteurs que cet espace de liberté qu'est le web n'en est finalement plus un. Croyez-en l'expérience d'un jeune briscard qui en 8 ans de freelance aura vu 3 boulversements dans son métier: la gratuité du contenu sur le web fait tendre les activités professionnelles (dans la création) vers plus de précarité. + de précarité = moins de lattitude pour tenter des choses, moins de temps à consacrer à l'activité artistique. S'il faut ajouter à cela l'étoffement du lectorat comme première logique, ce formidable espace de liberté devient par défaut un espace où il faut avant tout plaire.
Parlons de cela comme un constat au présent et non comme une stratégie au futur. Et si on misait un peu plus sur la qualité intraseque des bd pour tirer l'édition en ligne vers le haut ?
27 fév 2008
Fred_Boot > Juste une petite remarque pour compléter ton post : il est possible dès aujourd'hui de vivre indirectement de son blog. Ca a été mon cas cette année où mon blog (gratuit) m'a permis de recevoir pas mal de petites commandes de journaux notamment. La Bd par contre ne m'a pas permis de vivre, c'est pas assez bien payé même chez Delcourt même avec de bons chiffres de vente.
De manière générale, chaque projet que j'ai travaillé et distribué gratuitement sur internet a débouché sur quelque chose de chouette. Du coup je persévère dans le blog gratuit en essayant de le faire le mieux possible.
Dr_Folaweb > Je comprends bien l'intérêt d'autoriser les traductions mais la page web de la licence (http://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/fr/) ne le précise pas. Je donne un exemple très simple de ce qui me gêne sur internet : je retrouve parfois mes dessins sur des sites d'humour soi-disant gratuits ou non commerciaux mais infestés de pub (comme humour.com). Des sites qui mélangent tout un tas de dessins et de photos avec presque toujours une rubrique porno. Non seulement je n'ai aucune envie de retrouver mes dessins dans ses sites qui font partie des plus dangereux pour les enfants (avec google image) mais de plus les webmasters sont largement rémunérés par leurs pub. La présence de la pub sur ces sites et sur de nombreux blogs pose la question de la clause NC. Les webmasters ne font pas commerce des dessins mais en profitent tout de même.
Je me demande si ces licences CC ne sont pas plus adaptées aux logiciels libres et aux contenus participatifs qu'au monde de l'illustration.
Dernier point : j'ai eu le cas de syndicats qui souhaitaient de rémunérer pour l'utilisation d'un dessin dans leur bulletins d'information (gratuit). En appliquant une licence CC-nc on autorise l'utilisation gratuite des dessins par des organes politiques auxquels on adhère pas forcément. Ca ne pose pas du tout les mêmes questions pour open office par exemple sur lequel des tracts extrémistes sont sans doute rédigés mais qui n'en tire aucun préjudice. J'espère ne pas vous assommer avec mes réflexions et mes disgressions personnelles. Mais comme vous êtes des gens censés et informés, je suis tout content de trouver des avis extérieurs :o)
27 fév 2008
S'ils utilisent ton matériel pour tirer du bénéfice, c'est bien une utilisation commerciale, ils sont donc en tort avec la licence by-nc. Indiquent-ils qui est l'auteur de ces images ? Sinon, ils sont encore en tort avec la licence. Question subsidiaire: auraient-ils fait de même si tu avais apposé un copyright ? Se soucient-ils de demander l'autorisation de diffuser leurs vidéos/images sur lesquels les auteurs ont des droits moraux et pécuniers qu'ils peuvent faire valoir ? Droits que la licence n'empêche pas d'exercer.
Effectivement, la licence autorise par défaut cette diffusion (avec le logo). Le but recherché étant une diffusion maximale.
Les licences CC ne sont-elles pas destinée au contenu artistique et seulement inspirée des licences (GPL, GNU,…) des logiciels libres ou open source ?
Cela dit, on nous conseille sur le site officiel de bien réfléchir à la licence qu'on va adopter, car il est très difficile d'appliquer un effet rétroactif allant dans le sens de la restriction si le matériel circule déjà. Mais sans témoignages et cas concrets comme ceux que tu proposes, il est difficile d'envisager toutes les situations.
Tiens, je pense au -sa “Share alike”. Si ton syndicat utilise ton image sous licence by-nc-sa, leur propre tract/revue/document doit être diffusé sous la même licence. Autrement dit, il pourra lui aussi être remixé, modifié,… De même pour Humour.com. Autrement dit, il perdraient le “contrôle” de leur logo. S'ils veulent supprimer cette contrainte, alors ils peuvent négocier :-)
27 fév 2008
Si j'ai bien compris, Jif dit précisément l'inverse : le but n'est pas de rendre les productions des auteurs lucratives, le but est de permettre, rendre possible qu'elles le soient, soit en vendant directement des oeuvres avec veleur ajoutée, soit de manière indirecte (par exemple la pub etc).
Sans te connaitre et donc de loin, je dirais que ton expérience n'est pas significative si tu as tenté de garder un modèle économique classique dans ta démarche lors de l'explosion du web. Le web “force” justement ceux qui veulent en tirer de l'argent à changer radicalement leur modèle économique. D'abord, comme disais Jif, la gratuitée des oeuvres comme les webcomics alimente la qualitée de perception du nom de l'auteur, comme une marque. Et les marques n'existent pas pour rien. En gros, cette gratuitée permet de faire de la pub pour sa marque à moindre cout (sans avoir a payer la diffusion et en diffusant très très largement). De l'autre coté, comme dit à propos des tiers, la rémunération pour la production, dans les modèles economiques viable pour les produits online, vient rarement directement du produit mais plutot de tous les services et productions exclusives (sous entendu : spécifiques) que l'auteur peut offrir. Dans les logiciels libres par exemple, les logiciels eux mêmes sont totalement gratuits, mais les services par exemple de spécialisation ou de support sur site (aller dans une boite qui te paye pour ton expertise avec l'outil gratuit) est rémunérateur (et pas qu'un peu).
De même chez les webcomics, on a le cas typique d'everland qui as même des productions qui passent dans des pubs télé (en france) simplement en fournissant (comme dit au dessus) gratuitement ses productions puis en faisant payer les travaux spécifiques. Il ya aussi tout ce qu'on peut faire avec la pub, plus ou moins intrusive selon comment on la gère. Dans tous ces modèles, on ne vends pas la production, et c'est pour ça aussi que je pense (comme Jif a priori) que l'impression à la demande est un Outil avant tout, un outil de promotion supplémentaire qui (de notre coté) coute moins que tous les efforts nécessaires pour se faire publier.
A propos de la qualitée des oeuvres, au passage, ce que tu décris est ce qui est nécessaire pour une oeuvre imprimée avec beaucoup de pages. La notion de qualitée et de régularitée est complètement différente dans notre cas (les webcomics), puisqu'un dessin clair, avec une histoire un minimum interessante et dont une unique planche est publiée disons une fois par semaine est précisément (à mon sens) ce qu'on peut appeler un webcomic de qualitée qui est régulier. On est pas obligé même de savoir bien dessiner pour faire un webcomic à succès. En revanche je suis d'accord que si tu veux produire une oeuvre exclusive imrpimée, là tu as besoin d'une qualitée plus grande. Auquel cas, 40 pages pour un one shot rassemblant des planches inédites, avec une qualitée proche de celle du webcomic mais juste un poil au dessus, est à mon sens moins contraignant que par exemple faire une BD type européen classique à l'ancienne où là tu vas y passer effectivement toutes tes journées.
27 fév 2008
Cher Klaim, le probleme pour l'heure est que le modèle économique “classique” est encore le seul prépondérant et que les évolutions politiques et économiques ne me font pas entrevoir autrechose. Tout ce qu'il me faut consommer, payer, louer et j'en passe me rappellent cruellement cela chaque jour. J'aimerais tant que mon appartement soit lui aussi un service. Et mes prochaines vacances aussi tiens ;)
Même dans une ville comme Hong Kong, où le numérique est encore plus présent qu'en France… Et bien non, la loi est bien celle du marché telle qu'il existe depuis des années, en un peu plus agressif. Partout dans le monde la production de contenu est de moins en moins considérée, le service rapporte bien plus comme tu le remarques, et sincerement ce n'est pas rose. Essayons d'être vigilants: l'utilisation, la réflexion et l'expérimentation des nouvelles technologies ne doivent pas nous aveugler sur le statut d'auteur, d'illustrateur, de graphiste, etc, et sur la qualité de la création artistique en général. Par exemple, se considérer comme une marque n'est pas vraiment un progrès humain, je trouve.
Se considérer comme une marque… pourquoi pas. Mais alors, autant aller jusqu'au bout et trouver une main d'œuvre encore moins cher pour faire nos planches. Agnes B., par exemple, ne confectionne pas toutes ses fringues elle-même. C'est vers ça qu'il faut aller ? Joie… :/
27 fév 2008
Je me pose en garde-fou, mais je précise que tout ce qu'il se passe en matière d'auto-édition aujourd'hui est très excitant, n'est-ce pas. Me faîtes pas passer pour un vieux con de réac (ah, c'est trop tard ?)
27 fév 2008
Attention: les deux modèles ne s'excluent pas forcément. La “gratuité” est le domaine du web davantage que celui de la “réalité”. Le “nouveau” modèle économique vaut pour le monde virtuel (quoi que, quand Virgin envisage d'offrir le trajet en avion…).
27 fév 2008
J'ai bien parlé de marque, et pas d'entreprise. On pourrait parler de référence, ou de “touch” de la même façon.
Ya pas de souci, j'ai bien compris. :) On ne fait que discuter des points de vue.
Sinon a propos de tes besoins à assurer, effectivement je n'ai jamais vu le webcomic comme un potentiel “salaire” précisément parceque c'est un peu comme le jeu indépendant : règle numéro 1) NE QUITTE PAS TON JOB!
Cela veut dire que , autant pour le jeu indépendant que pour le webcomic, tu ne dois pas considérer ton travail comme quelque chose de purement lucratif jusqu'à ce qu'il le devienne par lui même. […]
Pour résumer, le mieu est d'avoir un “day-job” comme on dit, pour vivre (au mieu qui soit lié aux webcomics), et a coté de faire son ou ses webcomics qui deviennent alors des “graines”, du potentiel à travailler. Si l'une de ces graine pousse violemment (a du succès auprès des lecteurs) ya plus qu'a faire en sorte d'en récolter les fruits (l'exploiter par exemple en mettant de la pub) et c'est seulement lorsqu'on arrive à un certain seuil régulier de rentabilitée qu'on commence à penser à quitter son job, faire du webcomic + BD + autres liés à plein temps et ainsi pouvoir réinjecter du temps et de l'argent dans la production du webcomic pour l'améliorer.
Ce que je veux dire par là c'est que je ne pense pas qu'on puisse faire les choses dans cet ordre de manière efficace: 1) devenir auteur pro (dont c'est le principal revenu) 2) publier son webcomic 3) avoir du succès et donc explioter ce succès
mais plutot: 1) publier son webcomic 2) avoir du succès et donc exploiter ce succès 3) devenir auteur pro (dont c'est le principal revenu)
Le premier modèle est possible chez les editeurs classiques et permet a quelqu'un de vivre de son oeuvre sans forcément faire un carton. Le second est précisément ce qui mes semble naturel pour tout ce qui est issu de soi et publier gratuitement (de manière indépendante).
27 fév 2008
Préambule > J'avais oublié de signaler que TheBookEdition rétribue les auteurs étrangers de la même manière que les auteurs français, sans distinction.
Everland > Aujourd'hui, les dessins de ton blog ne sont pas publiés sous une licence libre ou ouverte. Ils sont donc couverts par le code de la propriété intellectuelle qui interdit strictement que tes dessins circulent sur d'autres sites (commerciaux ou non) sans une cession de droits préalable Si des sites bafouent ces droits, ce n'est donc pas le fait du choix d'une licence de ta part : ils les bafoueraient de toute manière.
Une licence Creative Commons autorise “a priori” l'usage de tes dessins dans certaines limites que tu définis toi-même. C'est intéressant parce qu'en montrant ce que tu acceptes, tu montres aussi “en creux” ce que tu refuses : cela responsabilise le public. Pour bien saisir ce que recouvre un contrat Creative Commons, il faut cliquer sur le lien vers la version intégrale (en bas de la version allégée), qui explique clairement - par exemple - ce qu'est une “oeuvre dérivée” aux yeux du contrat. Une lecture attentive du code de la propriété intellectuelle est également utile, car il reste en vigueur pour toute oeuvre placée sous licence libre ou ouverte.
Fred_Boot > Entièrement d'accord pour dire qu'il serait préférable d'offrir aux auteurs en ligne une certaine sécurité dans leur création. Mais comme le dit Everland, cette sécurité est déjà mince dans l'édition traditionnelle. Alors comment l'imaginer dans l'immédiat sur Internet qui est un espace encore plus exposé à la précarité ? Il y a un préalable à ça : créer les conditions d'un marché rentable autour de la BD en ligne… Ces conditions ne peuvent pas reposer sur les mêmes schémas que ceux de l'édition “physique” : les déconvenues du secteur musical l'ont bien montré.
Quitte à se montrer réaliste, autant regarder les faits : les anglophones qui vivent de leur webcomic ont tous mis plusieurs années à y parvenir, et ils ont tous du tabler sur une stratégie d'élargissement de leur lectorat à travers la gratuité de leurs parutions. Dans le même temps la qualité de leurs webcomics a cru avec la pratique. Ce que montrent les exemples anglophones c'est que la qualité comme le public viennent aux auteurs qui s'investissent avec régularité et sur le long terme, en acceptant leurs erreurs de jeunesse (tout comme leurs premiers lecteurs les ont acceptées pour les suivre fidèlement durant plusieurs années).
Klaim a fort bien expliqué la situation et je souscris tout à fait à son analyse. Le parallèle avec la création indépendante dans le jeu vidéo est bien vu. Je trouve finalement cela rassurant : certes on n'est pas dans un secteur capable d'entretenir des professionnels… Mais en contrepartie, ceux qui réussissent le méritent d'autant plus qu'ils commencent de manière tout à fait désintéressée.
27 fév 2008
Salut heu… je n'ai pas eu le courage de lire toute la discussion, et j'ai sauvé des eaux le mail d'invitation à ce projets alléchant, qui s'est retrouvé direct dans mon courrier indésirable, le coquin.
Je serais à priori vivement intéressé, le dernier détail qui pourrait m'arrêter serait le délais. J'ai pas vraiment tout le temps voulu pour m'atteler à fond sur des planches de bd, et si c'est trop short, ça le fera pas du tout. Sinon le thème m'intéresse plutôt, mais à priori je suis un des seuls. … enfin si mon manque de production actuel ne me mets pas hors jeu :P
27 fév 2008
Quelques détails encore:
Klaim -> un terme est un terme: parler de marque, c'est parler de branding, c'est parler d'entreprise et de business. La marque est indissociable de l'entreprise. Un très bon bouquin pour voir comment ça fonctionne: “No Logo” de Naomi Klein. On peut adhérer ou non à son point de vue politique, mais le livre reste une excellente synthese de tout cela pour les néophytes que nous sommes. Pour le reste, lorsque tu me conseilles de ne pas quitter mon job… heu… Le probleme c'est que je suis freelance et que le graphisme, l'illustration, tout ça EST mon job. Je n'échappe pas à l'incidence de ce qu'il se passe sur le web actuellement, il n'y a pas d'un côté la réalité et de l'autre le rêve d'une nouvelle économie sur le web, pour les indés.
JiF: “Mais en contrepartie, ceux qui réussissent le méritent d'autant plus qu'ils commencent de manière tout à fait désintéressée.” . Ah oui, la méritocratie… Et bien entendu le caractère désintéressé lorsqu'on choisit de s'investir dans une profession liée à la création… On nous donnera une médaille ou un prix pour notre noblesse d'esprit et notre abnégation, pas vrai ? La postérité préfère les martyres, après tout. Rah !!! JiF !!! Enfin quoi !!! Non vraiment je sens un écart entre nos points de vue à ce niveau.
JeP : salut. Malheureusement, pour ma part je gèle le bouzin car on ne peut pas partager les royalties sur TheBookEdition. Ce n'est pas une question d'argent en soi (si on gagne de quoi se payer un Martini c'est pas mal) mais de principe: TheBookEdition a un fonctionnement basé sur un versement de royalties, je ne vois pas pourquoi un collectif d'auteurs ferait exception.
28 fév 2008
Okidoki. J'essayerait de prendre de l'avance sur l'histoire “au cas où”, au pire ça me fera une petite BD pour moi, y'a eu pire dans le genre “pire”.
28 fév 2008
Il faut reconnaître que la qualité n'assure pas forcément un grand nombre de visiteurs. Depuis que les blogs existent, on sait très bien que les plus visités ne sont pas forcément les meilleurs, il y a des recettes “qui marchent” que l'on connaît plus ou moins.
On sait qu'un blog léger destiné aux filles intéressera davantage les régies publicitaires, qu'un blog qui parle de sexe attirera plus de visiteurs sans forcément fonctionner pour la pub, qu'un blog sur l'actualité fera réagir, qu'un blog de BD aura peu de commentaire mais des visiteurs assez fidèles et qu'un blog expérimental et difficile d'accès sera peu lu, comme pour un bouquin ou une BD indépendante.
Dans tous ces cas de figure, je n'ai pas parlé de qualité.
28 fév 2008
Concernant les droits, j'ai abandonné l'idée de reprendre une licence CC et j'ai rédigé moi-même ce que j'en pensais pour mon blog. Comme j'ai besoin d'une licence variable selon les personnes autant l'expliquer clairement.
http://vidberg.blog.lemonde.fr/utiliser-un-dessin/
28 fév 2008
Everland > Préciser explicitement ce que tu autorises est une excellente solution !
Fred_Boot > Je vais essayer d'être aussi clair que possible. Il y a deux cadres de création possibles et complémentaires : la création amateur et la création professionnelle.
La création amateur est à rapprocher de tout ce qui peut exister sous l'étiquette “indépendant” ou “underground”. Ce n'est pas de l'idéalisme, ce n'est pas du romantisme, c'est une réalité : on peut créer des choses formidables (ou pas, d'ailleurs) sans avoir comme objectif premier d'en faire son métier. C'est l'option de création la plus répandue sur le web : d'une part parce que les modèles économiques sont encore balbutiants ; d'autre part parce que la création sur le web est ouverte à toute personne connectée, à moindre frais. Ce type de création peut effectivement conduire des auteurs à la professionnalisation, à des degrés divers (du plus précaire au plus inconstestable), le passé l'a abondamment démontré.
La création professionnelle repose sur l'existence d'un marché. Si ce marché n'existe pas, une création ne peut devenir professionnelle qu'en créant ce marché. Ce qui suppose d'adopter des stratégies entrepreunariales (prise de risque, investissement financier et humain, marketing, …). En attendant que l'entreprise aboutisse, elle reste amateur.
Les deux pôles sont en réalité les deux faces d'une même pièce. Chacune des deux démarches tend à l'émergence d'un marché qui rendra viable la création professionnelle. La création amateur défriche le terrain de manière empirique et non préméditée ; tandis que la création professionnelle s'efforce d'avancer de manière rationnelle et préméditée.
Te concernant, si tu considères la BD en ligne comme un aspect de ton job (et pas comme une récréation), tu as deux options : soit tu prends à-bras-le-corps la part entrepreunariale de ta tentative ; soit tu actes le fait que le marché actuel n'est pas suffisamment mûr pour en vivre et tu consacres ton temps à autre chose de plus payant. Mais je trouve paradoxal de réclamer une rentabilité tout en refusant la compromission dans le “business”.
29 fév 2008
Concernant le second point, celui de me consacrer à des activités payantes si le côté amateur de l'édition sur le web ne me plaît pas, je crois ne pas avoir été clair: la création sur le web a une incidence sur le monde pro, je n'y peux rien, je ne l'ai pas choisi. Je ne vais pas me mettre des œillires et prendre volontairement un second boulot en espérant de meilleurs jours: on peut avoir choisi de bosser dans ce métier 10 heures par jour et être vigilant, critique, analyser les nouveaux moyens d'éditions et vouloir s'en sortir. Je crois que la qualité ne vient pas de la récréation, du “plan B”, etc… C'est une exigeance envers soi qu'il faut avoir si on ne souhaite pas innonder le web de merdes, offrir quelque chose de bon à défaut de beau.
Encore une fois, il y a une différence entre ce qui existe aujourd'hui à ce vers quoi nous devrions tendre. Tirer les choses vers le haut, tout ça…
En tout cas, heureux de voir que Webcomics est l'un des seuls espaces de discussion à ce sujet: le silence ailleurs sur tous ces sujets est assourdissant…
29 fév 2008
Je ne parlais pas de marque commerciale mais puisque tu insistes je vais changer le terme pour “patte” si tu préfères, ou “griffe” ou tout ce que tu veux qui permet simplement d'identifier l'auteur d'une oeuvre et donc d'estimer la qualitée potentielle de ses prochaines oeuvres en se basant sur la qualitée de ses oeuvres précédentes.
Ici tu confonds plusieurs concepts. Je n'ai pas dit que tu devais garder ton job et j'ai bien compris ta condition actuelle. J'ai dit que c'est le premier conseil que tu aurais si tu en demandais à des “indies” dans le jeu vidéo, et que cela est valable pour toute production dans le genre, dont les webcomics. Le principe est simplement de ne pas confondre ton métier (graphiste freelance dans ton cas) et une production tel un webcomic. Ca ne va pas ensemble directement. Seul le succès du webcomic peut permettre d'en faire son métier, pas l'inverse. C'est ce que je tentais d'exposer avec les deux processus dont je parlais avant. Comme dit, ta démarche est trop proche du système classique qu'on retrouve classiquement dans la réalitée, parceque c'est un environnement différent.
Le web n'est pas une mine d'or (quoique), c'est une zone de publication quasi totalement libre. La communication, c'est l'exposition. Plus t'es exposé, plus on peut donner de valeur a tes oeuvres ET DONC plus t'as de chance d'être récompensé pour ton oeuvre ou de démontrer tes compétences. C'est un catalyseur, si ton oeuvre au départ n'apporte pas quelque chose, ça ne marchera pas, ce qui n'est pas vrai pour le modèle classique d'edition.
Mais Jif l'explique mieu que moi.
Précisément.
C'est une question d'equilibres d'extremes : la libertée totale de publication sous entends une quantitée plus importante et moins controlé du contenu d'un medium (ou de plusieurs concernant le net). C'est pas pour rien que les lois sur la propriétée intellectuelle existent, c'est précisement leur role de maintenir les limites de libertées entre chaque individu(ou parti).
Là encore tu fais un amalgame entre les deux modèles décris par Jif : si quelqu'un produit en amateur une oeuvre qui ne trouve pas son publique (parccequ'elle est naze ou pourrie par exemple), CE N'EST PAS GRAVE précisément parceque la personne l'aura fait GRATUITEMENT et donc pourra espérer un retour quelconque mais pas sous la forme d'un métier, ou autre rémunération. Si c'est le but, alors il n'y a qu'a le faire professionnellement, et donc en ayant du contenu prouvé comme rémunérateur dans son oeuvre. Sinon c'est absurde.
29 fév 2008
Bon, c'est mort, alors, si j'ai bien compris? Tant pis; mais la moindre des choses, avant de lancer ce genre de projet en l'air, c'est de se renseigner un minimum auparavant sur les aspects pratiques et la “faisabilité” de la chose… c'est ce genre d'aspect qui fait “amateur”: se lancer dans tout et n'importe quoi sans avoir réfléchi, pris sa calculette, évalué la difficulté de la réalisation au regard des capacités de chacun…. En tout cas, je suis toujours OK pour participer un jour à un collectif, mais sans doute sur un projet un peu plus muri! Dommage, donc.
29 fév 2008
Ça c'est pas sympa JN. D'autant que c'est un peu ma faute : TBE m'avait dit lors de nos échanges que c'était peut être possible, Fred n'a fait que se baser là dessus pour lancer l'idée.
Je trouve ça bien d'avoir lancé un embryon de projet collectif. Même si ce n'est pas pour le papier, ça vaudrait la peine que certains auteurs allient leurs efforts.
29 fév 2008
C'est vrai que ça manque de collectif dans le coin. Même si ya eu quelques bons exemples. J'ai une idée de projet collectif qui serait assez libre par rapport a ce qui a été fait jusqu'ici sur webcomics.fr tout en étant très simple. Mais bon quand on a des idées comme ça faut gérer dérrière et là j'ai déjà pas assez de temps avec mon webcomic tout seul TT__TT J'exposerai peut être l'idée dans quelques temps.
1 mar 2008
J_N a raison évidemment: je porte la responsabilité vu que j'ai lancé le projet (bon d'un autre côté je suis le premier à me mordre les doigts et certainement le principal a y avoir consacré le plus de tmeps et d'énergie). Je ne savais pas qu'il n'y aurait aucun moyen de partager les royalties. D'un autre côté, si on ne pousse pas un peu TheBookEdition à le faire… Ce n'est peut-être pas mal de créer la demande.
1 mar 2008
Sinon, y'a toujours moyen de désigner un trésorier chargé de redistribuer également les royalties….
1 mar 2008
A propos de collectif : j'avais fait une proposition fort simple qui consistait à annoncer son jour de parution et à s'organiser à plusieurs pour renvoyer ses lecteurs d'un jour vers un autre webcomic paru la veille : Auteurs, quel jour publiez vous ? Ça ne demande que peu d'efforts, et ça peut avoir un effet certain sur l'audience de chacun. Ça suppose juste de se regrouper.
A propos du partage des royalties : je pense comme Fred que c'est une bonne chose d'avoir “créé une demande”. Se regrouper dans un livre était une demande latente. Je l'ai transmise à TBE. Ensuite, on ne maitrise pas forcément leur priorités.
Enfin, à propos de la professionnalisation du secteur, je pense que nous partageons le même constat : aujourd'hui la création de BD en ligne est nécessairement amateur. Simplement Fred en tire des conclusions plutôt pessimistes : ça ne peut s'améliorer que pour quelques uns et laisser les autres sur la touche. Là où je vois les choses avec optimisme. Je pense que progressivement, le succès de quelques uns va permettre à des structures comme la nôtre de trouver une rentabilité qui permettra de “produire” des auteurs et des projets qui ne pourraient subsister assez longtemps en amateur pour rencontrer le succès qu'ils méritent.
Tout l'enjeu est de ne pas mettre la charrue avant les bœufs : un hébergeur comme Webcomics.fr est tout aussi amateur que les auteurs qu'il héberge. En dehors de success-stories individuelles, la professionnalisation de la création de BD en ligne repose sur celle des structures qui l'accompagnent. Sans quoi l'auteur continuera de devoir être son propre attaché de presse/chargé de com/financier/commercial.
Il est trop tôt pour investir massivement l'argent nécessaire à “lancer la machine”, dans l'espoir que le marché s'ouvrira devant une volonté sans faille (et de la monnaie sonnante et trébuchante). De toutes façons, cet argent nous ne l'avons pas et c'est pour ça qu'on essaie de décrocher des subventions tout en faisant monter la mayonnaise progressivement. Je trouve cette démarche amateur plus saine : cela demande plus de temps, plus de travail… Mais cela implique l'adhésion à un projet. Ça implique aussi de prendre le temps nécessaire pour tester et murir les modèles économiques sur lesquels le marché devra reposer.
En tous cas, heureux que cette discussion soit née. Webcomics.fr est en effet aussi là pour que chacun apporte sa pierre à la réflexion.
1 mar 2008
Et bien voilà une réflection à laquelle j'adhère totalement!
2 mar 2008
TBE va “réfléchir à un système pour la gestion des royalties pour des projets collectifs”. Je vous tiens au courant.
3 mar 2008
Suite aux questions d'Everland sur les licences Creative Commons « Non Commercial », j'ai rédigé un billet sur Bruit de Couloir (pour pas faire dériver ce sujet). C'est ouvert aux commentaires :)
3 mar 2008