Bruits de couloir

Ils vivent de leurs webcomics

Publié par JiF. 29 oct. 2007.

Publisher Weekly a publié un petit article sur les auteurs de webcomics qui gagnent leur vie grâce à leur création. C'est ce genre de success-stories que nous voulons encourager pour les auteurs francophones.

D'après les exemples fournis, on voit un profil se dessiner :

  • Publier régulièrement, afin de se créer une audience fidélisée.
  • Tenir la distance ! Il a fallu plusieurs années à de nombreux webcomics pour atteindre une audience suffisante pour que leurs auteurs puissent en vivre.
  • Bâtir un univers immersif auquel les fans pourront s'identifier : ils achèteront plus facilement les produits dérivés.
  • Publier en anglais, et pas seulement dans sa langue natale1.
  • Éviter les intermédiaires autant que faire se peut. Par exemple en suivant nos conseils assidument et en profitant au maximum des outils de Webcomics.fr.
  • Trouver une niche : si celle du jeu vidéo est sans doute déjà saturée, il en reste d'autres à inventer.

Pour les non-anglophones, voici rapidement les auteurs cités dans l'article :

  1. Ça tombe bien, on prépare une version multilingue de Webcomics.fr !

Dave Stanworth a débuté en 2002 et maintient 10 comicstrips autour des jeux vidéo. Il vend aujourd'hui des produits dérivés. Sa réussite il la doit à sa capacité à tout faire lui-même sans intermédiaires.

Shawn Handyside a commencé petit avec des strips scannés et publiés en ligne pendant ses études. Sa série tourne autour d'une bande de jeune, dont les aventures parodient les jeux vidéo, les films et la culture populaire actuelle. Lui aussi gagne sa vie grâce aux produits dérivés. Une tentative de parution dans la presse l'a définitivement détourné du papier : il ne créait plus aussi librement. Par contre, dessiner en “guest star” sur d'autres webcomics" lui a permis de se faire connaitre.

Tim Buckley a gagné 7000$ grâce à la vente des t-shirts tirés de son webcomic après neuf mois d'existence. Ses planches mettent en scène des geeks et l'univers du hi-tech. Il s'est déplacé l'an dernier dans quatre à cinq conventions pour y rencontrer ses fans. Ces derniers réalisent même des projets basés dans l'univers du webcomic, des jeux en flash par exemple.

Publié dans audience, marché, rentabilité, succès et conseil.

20 commentaires

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Klaim a dit :

A ce propos, est-ce que finalement des idées ont été “fixées” de votre coté concernant ce que vous comptez faire pour permettre aux auteurs de gagner quelque chose? On a parlé de pas mal de manières de faire, la plupart portant sur la pub dans les pages, mais il ne me semble pas qu'il y ai eu de décision au final, juste des discussions.

29 oct. 2007

Nicomix a dit :

C'est décidé, ce soir je traduis mes planches en anglais, espagnol, japonais et mandarin (pour commencer).

30 oct. 2007

JiF a dit :

Nicomix > Héhé, n'oublie pas le Coréen, qui est un marché de taille en matière de BD en ligne. Plus sérieusement, une version multilingue du site est en préparation, cela permettra aux auteurs de décliner (ou de faire décliner par leurs fans) leurs webcos dans différentes langues.

Klaim > Vivre de son webcomic1 est une réussite individuelle. Ce que nous apportons avec Webcomics.fr, ce sont des outils et une expertise pour vous y aider. Mais c'est à chaque auteur de tirer le maximum de nos conseils afin de trouver le succès qu'il mérite. C'est toute la différence avec un éditeur qui finance les projets, mais impose aussi ses contraintes éditoriales aux auteurs.2

Notre objectif avoué est bel et bien de créer les conditions qui nous permettent de rétribuer des auteurs de BD en ligne. Mais avant toute chose Webcomics.fr doit nous faire vivre3.

Dissipons également tout illusion. Comme le montre ce billet, avant d'espérer gagner quelque chose de substantiel4, un auteur doit s'investir énormément. Parmi les auteurs qui publient ici, seul Dr_Folaweb peut aujourd'hui se targuer d'avoir publié régulièrement depuis 9 mois. S'il continue ainsi, avec les évolutions du site il devrait parvenir à gagner l'équivalent d'un temps partiel à 20% 5. Plusieurs projets en cours sur Webcomics.fr me semblent avoir un tel potentiel, mais seul le temps permettra de savoir s'ils tiendront assez longtemps.

Pour répondre à ta question, maintenant. Tout l'éventail des moyens possibles pour rentabiliser des contenus web gratuits est envisagé : pubs, produits dérivés (y compris des ouvrages papier), sponsoring, contenus exclusifs sur abonnement… En dehors de nous, ces moyens bénéficieront en priorité aux auteurs des webcomics qui auront rencontré un succès suffisant pour être rentables. A terme, nous espérons pouvoir soutenir financièrement certains projets, mais le préalable est que le site lui-même soit rentable : nous ne sommes pas des grosses fortunes cherchant à devenir mécènes.

Avec la nouvelle version de Webcomics.fr nous allons en particulier commencer à mettre en place les publicités. Cette mise en place se fera sur une base de volontariat : les auteurs qui souhaitent nous soutenir pourront accepter l'affichage de publicités sur leurs planches. Nous pourrons ainsi affiner ces affichages pour les rendre aussi efficaces que possible, mais aussi pour trouver le bon équilibre afin de ne pas transformer les webcomics en guirlande de Noël.

A terme la publicité sera sans doute affichée sur tous les webcomics, comme le font tous les autres hébergeurs gratuits (blogs, pages persos). Nous identifierons alors les webcomics qui ont une audience solide, et proposerons à leurs auteurs de partager les affichages publicitaires. Progressivement, nous les inviterons aussi à créer des produits dérivés. Et ainsi de suite.

L'étape suivante sera la déclinaison multilingue de Webcomics.fr. Les auteurs pourront traduire ou faire traduire leurs planches par leurs lecteurs polyglottes ! Là encore, avoir rencontré le succès en français aidera sans doute beaucoup à accéder à une traduction.

  1. A temps partiel ou à temps plein.
  2. Nous apporterons aussi notre aide à l'édition de BD en ligne, mais là n'est pas la question aujourd'hui.
  3. Ou du moins justifier le temps démesuré que nous y consacrons.
  4. Je parle de plus de quelques dizaines d'euros chaque mois.
  5. Il consacre une journée à chaque planche.

30 oct. 2007

Klaim a dit :

Merci pour les précisions :) Ca aurait mérité d'être dans un/le billet d'ailleurs.

31 oct. 2007

isma a dit :

super interessant tout ça!

mais ce que je trouve dommage c'est qu'il y a peu de webcomics d'aventures! la plupart son des gags, ceci explique t il leur succes! comme les strips papiers qui restent maintenant seulement comiques?

d'ailleurs, je iens a féliciter les divers auteurs présents parceque je trouve le menu super varié!

pour les langues j'y ai déja pensé en effet, c'est un truc a creuser!

ah et quand on parle de niche, on parle de fan de musiques, de ciné, de voyage? ça me fait un peu penser au principe du manga, avec des histoires sur la cuisine ou le go!

arg, c'est super stimulant tout ça!!!!

1 nov. 2007

Klaim a dit :

“mais ce que je trouve dommage c'est qu'il y a peu de webcomics d'aventures! la plupart son des gags, ceci explique t il leur succes!”

Je prépare un webcomic qui n'a rien d'une suite de gags et qui s'approche de ce que tu appelles l'aventure. Mais en fait le problème avec ça c'est que c'est plus difficile à mettre en place que des gags. Faire rire n'est pas simple, mais on a pas besoin de forcément monter toute une histoire pour faire rire, ça peut se faire à petite echelle, par exemple avec quelques images d'un strip.

Le souci avec les histoires d“aventure” c'est que pour maintenir un minimum de cohérence, il faut réfléchir a une base solide de scénario, d'où la difficultée et aussi la raretée dans les webcomics.

Ca ne veut pas dire qu'il n'y en a pas, mais naturellement, il y en aura toujours moins que les gags. Et sur webcomics, je pense que dans l'année qui suit il y aura certainement plusieurs histoires plus poussées de disponibles. :)

2 nov. 2007

isma a dit :

bien sur klaim! c'est de toute façons le but que je me suis fixé pour mes histoires!

et je plussoie sur le fait que c'est assez compliqué en terme de rythme, un exemple avec goldfist une bande que je voulais d'aventure super héroique et qui en ce moment me pose qualques problemes de rythme…

donc hate de lire le tien l'ami!

2 nov. 2007

dward-e a dit :

Tout facon c est un peu la mode des “strips humoristique”, “gag”, “je raconte ma vie avec des anecdotes burlesque” et comme le soulignait klaim c est beaucoup plus vite fait, on vit tellement dans un monde de dingue que n importe qui peut raconter des anecdotes et faire rire avec…j aurais deja une soixantaine de planche publier si je me prenais pas la tete et que je me contentais seulement de faire strips autobiographique, mais voila je pense qu il faut aussi faire des concessions et essayez d apporter des choses nouvelles, arretez de tourner en rond autour de soi-meme…

2 nov. 2007

isma a dit :

ben je t'avoue que je suis du genre pudique….

il y a toujours du moi dans ce que je fais! mais faut chercher la part de vie réelle…

j'ai essayé l'autobio, mais je me censure a chaque fois… pis j'aime la diversité, donc je mise là ou il n'y a pas!

comme par exemple, du cape et epees en webcomic j'en connais pas beaucoup!!! ou meme du western!

ça me tenterai bien oué !

3 nov. 2007

dward-e a dit :

Non mais c est ca, moi j en ai franchement rien a faire qu on s interesse a moi directement…donc je m implique enormement dans ce que je fais et je pense que l on peut y trouver bcp de ma personnalité mais ce n est pas l interet… Il faut avant tout s impliquer un maximum, avant de penser de maniere commercial et donc eviter toute perte de creativité…

3 nov. 2007

Klaim a dit :

yep, totallement d'accord.

3 nov. 2007

Dr_Folaweb a dit :

Est-ce que “penser de manière commerciale” restreint la créativité ? Les publicitaires (qui sont censé être ceux qui pensent le plus de façon commerciale) ne sont-ils pas capable de beaucoup de créativité ?

Je pense que tu voulais parler de liberté: le commercial est plus “tout public”, donc moins personnel, moins critique, plus léger et plus facile d'accès, plus séduisant.

Mais ce “commercial”-la, c'est le cliché de la maison d'édition qui cherche à faire des gros sous, non ?

Je crois que le commerce est indispensable à l'art, (et indissociable des objets d'art), et donc, que tout art est, d'une certaine manière, commercial.

D'accord, tu peux avoir un boulot qui te nourrit, et faire de l'art qui ne te rapporte rien, mais si tu veux être artiste à plein temps, comment faire pour vivre sans vendre ton art ? Que ce soit dans des exposition, par la vente de toiles, de reproductions, la vente de CDs, la participation à des concerts, la projection d'un film en salle,… tout cela est “commercial”, et permettent aux artistes de vivre, et de poursuivre leur recherche artistique.

Le marketing n'est pas le mal. Avoir une stratégie commerciale propre, qui permet de diffuser ce que tu fais est le meilleur moyen de continuer de faire ce que tu veux faire.

C'est quand tu veux t'adapter à un modèle économique particulier que tu dois faire ton art en fonction. Ainsi, si tu veux éditer chez un gros éditeur traditionnel, tu dois accepter que ton œuvre entre dans ses critères de publication, dans une de ses collections, éventuellement, faire des corrections, bref, faire des concessions.

Internet révolutionne un peu tout ça, car il rend les anciens modèles caduques et permet d'en développer de nouveaux. Ainsi, pour ce qui nous intéresse, les webcomics, il en existe déjà plusieurs: de l'affichage publicitaire, à l'abonnement, en passant par le “pay-per-view”, l'achat de fichiers, l'impression à la demande, la vente de t-shirt et autres produits dérivés,…

Ainsi, Webcomics.fr et bien d'autres tâtonnent encore, mais cherchent un modèle économique propre pour diffuser des webcomics ET rémunérer les auteurs, sans imposer de lignes directrices, sans censurer,…

Avec un modèle qui fonctionnerait uniquement sur la publicité par exemple, les revenus seraient fonction de la popularité du webcomics (en simplifiant). Un artiste impopulaire ne serait pas empêché de publié, il garderait toute sa liberté artistique, mais il ne recevrait quasiment rien de son art. Un Van Gogh moderne en somme.

Un autre qui serait plus populaire, mais garderait lui aussi tout sa liberté, parviendrait à toucher quelques piècettes, voire, beaucoup de piècettes, et parviendrait ainsi à vivre de son art.

Le permier aura interêt à se demander s'il n'existe pas une autre façon de diffuser son travail, qui lui permettrait de vivre sans rien changer à son sens artistique. Il devrait alors se poser des questions de marketing, de public cible, de diffusion, distribution, promotion,…


PS: et puis, il ne faut pas oublier qu'en Art, la contrainte est génératrice de liberté ;-)

10 nov. 2007

Dr_Folaweb a dit :

Le souci avec les histoires d“aventure” c'est que pour maintenir un minimum de cohérence, il faut réfléchir a une base solide de scénario, d'où la difficultée et aussi la raretée dans les webcomics.

Je ne crois pas que ce soit un argument qui explique leur rareté dans les webcomics. Ou alors, il devrait être valable aussi pour les albums cartonnés, qui demandent, eux, beaucoup de cohérence en plus d'une base scénaristique solide.

À mon avis, c'est plus le fait qu'avec un webcomics d'aventure, on s'engage sur le long terme, et ce n'est pas évident si on ne croit pas qu'il y a des débouchés dans le webcomics (alors que pour une bd papier, on sait que c'est le cas, et on ne s'engage à produire le tout qu'avec l'aval de l'éditeur). De plus, les revenus des webcomics ne sont pas garantis, contrairement à ceux des albums (si on ne touche pas de droits, au moins, on a touché l'avance sur droits).

Un gag, deux gags, une dizaines de gags, c'est plus léger. Cela peut être occasionnel, on est pas obligé de remplir un certain nombre de planche, ça marche toujours, c'est passe-partout, et cela se consomme vite. Une note de blog, pareil.

Peut-être notre perception est tronquée: je pense que les auteurs ne se forcent pas à faire des gags pour publier sur le net mais que ce sont ceux qui en font déjà qui sont les premiers à s'installer sur le net, d'où la plus grande proportion de webcomics de gags à ceux d'aventure.

Quand le webcomics sera bien installé, que des modèles économiques se seront solidifiés, on verra fleurir plus de projets à long terme.

10 nov. 2007

JiF a dit :

Le premier aura intérêt à se demander s'il n'existe pas une autre façon de diffuser son travail, qui lui permettrait de vivre sans rien changer à son sens artistique. Il devrait alors se poser des questions de marketing, de public cible, de diffusion, distribution, promotion,…

Ou se faire conseiller par des gens qui se les posent, et sont convaincus que son travail mérite une telle notoriété. C'est pour cele qu'on est là et qu'on prodigue nos conseils.

Ce qui nous amène de Le marketing n'est pas le mal. à L'intermédiaire n'est pas le diable.. Car c'est un autre cliché répandu qui veut que l'artiste devrait créer et diffuser sans intermédiaire pour ne jamais pervertir son oeuvre. Mais qu'est-ce qui est le plus pervers : un artiste qui réussit seul parce qu'il répond judicieusement (consciemment ou non) à des questions économiques… Ou un artiste qui s'en remet à des gens dont c'est le travail de diffuser son oeuvre, pour éviter de trop s'interroger en termes économiques ?

11 nov. 2007

Dr_Folaweb a dit :

Juste aussi, tiens :-)

11 nov. 2007

isma a dit :

je pense que c'est une question de vision en fait…

pour ma part, j'essaie de parler aux gens… j'ai toujours peur d'etre masturbatoire…

c'est pourquoi je fais pas mal de festival pour aller a la rencontre des lecteurs ! notament les femmes qui pour beaucoup que j'ai rencontrées semblent peu interessées par le media bd !

12 nov. 2007

Gelweo a dit :

Et les bds muettes (ou en "langage imagé), ça marche ?

23 déc. 2007

JiF a dit :

Et les bds muettes (ou en "langage imagé), ça marche ?

Demian5.com en est un excellent exemple.

26 déc. 2007

Wayne a dit :

Je crois que je traduirais bien “Foetus & Foetus” en anglais, une fois que la série sera un peu plus dense. La version “english” de Webcomics est prévue ?

23 mars 2008

JiF a dit :

La version “english” de Webcomics est prévue ?

C'est en effet prévu. Pas encore de date précise, mais l'ensemble de l'interface est développée en anglais avant même d'exister en français…

24 mars 2008

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